Chirurgie des seinsL'hypertrophie mammaire (trop gros seins)

Depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, dans le marbre, le bronze, sur les écrans ou dans tous les magazines féminins, le sein a été idéalisé comme élément féminin par excellence, symbole d’érotisme, de sexualité et de maternité.
Etant donné cette importance du symbolisme, le chirurgien est pris entre deux feux : conserver au sein sa fonction d’allaitement, de sensibilité érogène et restaurer ou créer une forme acceptable, qui va débarrasser la patiente de l’angoisse, pressante de la dépréciation de soi.
Il y a d’innombrables techniques pour la restauration des seins, et celles qui sont le plus utilisées actuellement sont celles qui ont des cicatrices courtes, car le problème des chirurgies du sein réside dans le compromis entre une cicatrice et une forme ; la patiente devra en être bien informée avant l’intervention.

A) L’hypertrophie  mammaire (trop gros seins) 

Ici les seins sont très lourds à porter et entraîneront des douleurs au niveau de la colonne vertébrale.
Les bretelles des soutiens gorges vont labourer et blesser la peau au niveau des épaules. Cela pourra se voir dès la période post pubertaire chez les jeunes filles qui auront du mal à supporter ces poids qui les empêchent de s’habiller à leur guise, de se tenir droit et même de ne pas pouvoir faire du sport.
Petit à petit le dos se voûte et ces jeunes filles vont rentrer la poitrine dans un essai de dissimulation de cette "déformation".
Beaucoup d’entre elles vivent mal tous ces maux et vont se refermer progressivement sur elles-mêmes.
Ces hypertrophies mammaires sont fréquentes en Afrique et sont un héritage familial.
Ce sont souvent les mères qui voyant la souffrance de leurs filles chercheront le chirurgien pour avoir une solution.
Signalons que la réduction mammaire est contre indiquée avant l’âge de 18 ans, car les glandes mammaires n’ont pas encore atteint leur complet développement.

Principe de l’intervention :

De nos jours la qualité des résultats chirurgicaux et du suivi post opératoire apportent une totale satisfaction à la majorité des patientes.
Signalons que le traitement des gros seins est toujours confronté au problème des cicatrices. Cependant la qualité de l’acte chirurgical a permit de diminuer considérablement la longueur et la taille des cicatrices.

Avant l’intervention :

Bilan pré opératoire, consultation pré anesthésique et protocole pré opératoire classique.

L’anesthésie :

Notre préférence va pour la neurolept-analgésie associée à l’anesthésie locale.

L’intervention :

  • Se fait sur la patiente en position demi-assise.
  • Elle consistera en l’ablation du tissu glandulaire et graisseux en excès. Ce qui restera sera soulevé et suspendu aux muscles pectoraux.
  • L’enveloppe cutanée qui permet de soutenir le sein et lui donner sa forme sera découpée et le surplus retiré. Le restant sera alors suturé autour de la glande pour lui donner sa nouvelle forme et sa fermeté. Ce sont ces sutures faites qui donneront les cicatrices en post opératoire.  Ces cicatrices sont en T inversé tout autour de l’aréole, verticale et horizontale. Selon la technique de Pitanguy.

L’intervention dure en moyenne 2 heures.

Les suites opératoires :

A la sortie du bloc opératoire un pansement compressif sera fait avec de l’élastoplaste.
Le premier pansement a lieu au 2è jour, les gros pansements seront remplacés par des pansements légers et le soutien gorge sera porté à ce moment là et va servir de pansement et immobiliser les seins jusqu’à cicatrisation complète c'est-à-dire aux environs du 15è jour, le port du soutien sera prolongé jusqu’à 2 mois.
Pour une bonne cicatrisation et de belles cicatrices, il faudra pendant ces 15 jours post opératoire avoir les coudes collés au corps et éviter de bouger le tronc de manière intempestive, le fait de lever les bras au dessus de la tête ou d’écarter les coudes du corps, mobilise les muscles derrière les seins et donc les cicatrices qui vont s’élargir et devenir inesthétiques.

Les pansements se font tous les 2 jours et généralement la cicatrice devient sèche au 15è jour. Les fils utilisés sont résorbables, il ne sera donc pas nécessaire de les retirer, car ils se résorberont au bout de 3 à 4 semaines.
Lorsque la série des pansements est terminée, une crème spéciale sera prescrite pour masser les cicatrices et en améliorer l’apparence.
Notons qu’il est proscrit de mouiller les pansements pendant toute cette période. (Ne pas se laver à grande eau mais utiliser un gant de toilette et ne pas aussi faire du sport afin de ne pas transpirer).
L’une des gènes le plus souvent évoquée est le fait de ne pouvoir dormir que sur le dos pendant 15 jours pour celles qui n’y sont pas habituées,  ce sera alors : "bonjour les insomnies".

Les complications :

Les plus courantes sont l’apparition d’hématomes et d’ecchymoses qui disparaissent cependant rapidement avec un traitement adéquat.
L’évolution cicatricielle est assez imprévisible :

  • En général les cicatrices périaréolaires s’améliorent rapidement de façon spontanée.
  • La cicatrice verticale est assez peu visible avec parfois de petites zones hypertrophiques.
  • Ce sont les cicatrices horizontales qui restent le plus préoccupantes et les plus visibles surtout au niveau de la jonction de la verticale et de l’horizontale. Il pourra exister à ce niveau des désunions qui seront traitées par des pansements, le temps de la cicatrisation jusqu’à maturation.

Questions souvent posées :

  • Est-ce que l’intervention est douloureuse ?
    En principe non, l’anesthésie locale donne une insensibilité de 6 à 8 h après l’intervention, ce qui permet de se réveiller sans douleur et pouvoir rentrer à la maison, les antalgiques et analgésiques prendront le relais de l’anesthésie locale qui va s’estomper peu à peu.
  • Est-ce qu’il y a un changement au niveau de la sensibilité de l’aréole et du mamelon ?
    Il peut y avoir un changement au niveau de la sensibilité du mamelon mais ce changement est toujours transitoire et perdure 6 mois à 1 an : ça peut être une diminution comme une exacerbation de cette sensibilité.
  • Est-ce qu’il est possible d’allaiter après l’intervention ?
    Il est conseillé pendant 6 mois à 1 an après l’intervention d’éviter d’être enceinte, afin de laisser la cicatrisation se faire correctement ; après cette période, il est possible de tomber enceinte et d’allaiter normalement, car la réduction mammaire n’ampute pas la glande en totalité, mais beaucoup de graisse et de peau. Cependant lors de la montée laiteuse et de l’allaitement, il est conseillé le port d’un soutien solide afin d’aider la peau des seins à pouvoir soutenir le poids du lait et de la glande, pour ne pas entraîner une nouvelle chute des seins.
  • Est-ce qu’une intervention des seins peut entraîner le cancer ?
    Il n’a jamais été rapporté de relation entre chirurgie et cancer du sein. Il est cependant recommandé avant une chirurgie mammaire de faire une mammographie chez les patientes de plus de 40 ans, si un nodule suspect est découvert, on profitera de l’intervention pour l’enlever et le faire analyser.