Il n’y a pas très longtemps que la reconstruction du sein après mastectomie a vu le jour dans notre arsenal chirurgical.
Si auparavant il était impensable de faire la reconstruction d’un sein amputé pour cancer à cause des nombreuses rechutes, dû à la chirurgie large et très mutilante et aussi à l’usage de la radiothérapie qui fragilise à l’extrême les téguments dans la région du sein amputé.
De nos jours, le type de chirurgie carcinologique, associé à la chimiothérapie avec de moins en moins de radiothérapie ont considérablement réduit les rechutes permettant ainsi au chirurgien oncologiste d’informer les patientes pour mastectomie de la possibilité d’une reconstruction précoce ou tardive du sein à amputer.
Si certaines femmes paraissent choquées par l’idée de la reconstruction et avisent le chirurgien qu’elles sont non pas indifférentes mais hostiles à la reconstruction.
Une grande majorité cependant sont intéressées par la possibilité de retrouver leur morphologie ou de l’améliorer, mais sont beaucoup plus préoccupées de guérir de leur cancer quelqu’en soit le prix esthétique.
L’expression du désir de se voir reconstruire est une indication suffisante. Il est juste alors de pouvoir parler à la patiente des possibilités de reconstruction avant l’opération mutilante.
C’est au chirurgien oncologiste d’aborder ce problème en le traitant comme un corollaire de l’amputation. Il ne faut pas minimiser l’importance de l’amputation. Il faut que la patiente accepte ce sacrifice comme prix de la recherche de guérison.
Cependant il ne faut pas qu’elle aille en salle d’opération sans savoir qu’un recours existera plus tard contre cette mutilation.
Il parait difficile de départager l’angoisse existencielle, la crainte de la mort, la peur de la douleur et de l’avenir inconnu et la peur de la mutilation.
Après l’intervention, les choses changeront très vite au fur et à mesure que s’effaceront les phantasmes de mort et c’est à ce moment que le désir de se voir reconstruire se manifestera.
Après l’intervention, il y aura encore l’adaptation à ce nouveau sein afin de l’apprivoiser et de le rendre sien.
Actuellement les méthodes de reconstruction mammaire sont multiples. Parmi ces méthodes il en existe trois principales :
Chacune de ces méthodes a ses avantages et ses complications. Les chirurgiens plasticiens maîtrisent de mieux en mieux toutes ces techniques et pourront donc choisir le type de reconstruction appropriée à ce qui va rester de muscle et de peau après la mastectomie afin de refaire un sein presque semblable au sein restant.
En collaboration avec le cancérologue, le médecin généraliste, le chirurgien esthéticien est le réparateur qui va se lancer dans ce challenge technique souvent très complexe, mais avec lequel la patiente va pouvoir avoir le courage de continuer la lutte contre sa maladie.
Par contre la cure psychologique lors de ces reconstructions même si elle doit être visible et notable, reste difficile à suivre et même à être reconnue, car imposer par exemple maintes étapes de reconstruction après une amputation est difficilement acceptable, d’où l’importance de l’information, du soutien et des encouragements d’une équipe pluridisciplinaire qui restera pendant toute cette période très proche de la patiente.